Travail pratique 1.
Comparaison du traitement des mots femme et homme dans trois dictionnaires de langue française
Synthèse
Des lexicographes différents, des objectifs différents et des époques différentes; il en résultera des dictionnaires différents. Chacun des dictionnaires étudiés fait référence à l’histoire à divers degrés et est représentatif de son temps, tant dans le choix de ses entrées, de ses définitions ou de ses exemples. Mais qu’en est-il pour le traitement des mots femme et homme dans les ouvrages Dictionnaire de l’Académie française, Le Petit Robert et Le Dictionnaire du français plus à l’usage des francophones d’Amérique?
Tout d’abord, ce qui est frappant est la définition du mot femme du Dictionnaire de l’Académie. La femme n’y est pas définie comme dans les dictionnaires contemporains, c’est-à-dire comme «un membre féminin de l’humanité»; elle y est plutôt décrite comme étant «la femelle de l’homme» ou encore comme «une personne mariée». Cette façon de voir la femme implique qu’elle n’existe que parce que l’homme existe. Il est vrai qu’au XVIIIe siècle, les devoirs de la femme dépassaient parfois ses droits. Le Dictionnaire de l’Académie n’atteste donc pas que la femme soit un membre du genre humain.
De plus, un autre aspect marquant de ce dictionnaire est la référence à la religion. Que ce soit dans l’article femme ou dans l’article homme, il est évident que la religion avait une place prépondérante à cette époque. C’est donc dans le dictionnaire Le Robert et dans le DFP que toutes les formes du mot femme sont représentées, en plus d’être davantage d’actualité. Les deux ouvrages définissent la femme comme «un membre féminin de l’humanité» et comme «épouse», en plus de la mettre en opposition à homme et à fille.
Puis, en ce qui concerne le mot homme, les différences entre les trois dictionnaires sont un peu moindres. Ils s’entendent tous pour définir l’homme comme étant «l’espèce humaine» et aussi comme «un membre masculin de l’humanité». Le concept d’homme a donc peu évolué au cours des siècles. La longueur des articles homme comparativement aux articles femme est, elle aussi, semblable d’un dictionnaire à un autre. Les trois proposent davantage d’explications pour homme. Le fait que homme soit considéré comme «l’espèce humaine entière» et non seulement un de ses membres permet aux lexicographes de définir aussi «l’être humain». De plus, homme a contribué à la formation d’un nombre plus élevé de mots composés que femme. Ces mots faisant souvent référence à la profession ou au statut social implique qu’historiquement, il est normal qu’il en dérive principalement du mot homme.
Conséquemment, il n’est pas possible d’affirmer que les définitions femme/homme soient entièrement équivalentes. Une certaine partie l’est, mais le mot homme possède un sens plus large, plus englobant. Les dictionnaires contemporains offrent, par ailleurs, des définitions beaucoup mieux adaptées à notre réalité ainsi que des exemples et expressions beaucoup plus actuels.
Du reste, c’est le Dictionnaire de l’Académie qui a le plus tendance à mythifier l’image de la femme et de l’homme. En affirmant, par exemple, que «les femmes sont naturellement timide», que «Dieu tira la femme de la côte d’Adam», et que «tous les hommes ont péché en Adam», il est difficile d’imaginer une «femme de tête» ou de comprendre le cycle de l’évolution humaine. Ces affirmations entretiennent davantage de mythes tandis qu’une définition plus rationnelle et constituée de faits prouvés permet aux lecteurs de se faire une idée plus éclairée du sujet étudié.
Enfin, aucune expression québécoise n’est présente dans les trois dictionnaires. Il n’en demeure pas moins que les définitions offertes traduisent très bien les réalités québécoises. Cependant, il aurait été intéressant de retrouver, du moins dans le DFP, une quelconque référence au Québec.
Les trois dictionnaires consultés
Dictionnaire de l’Académie française, quatrième édition, version informatisée, collab. ATILF/Académie française, 1762.
Voici le lien : http://atilf.atilf.fr/academie4.htm
Dictionnaire du français plus à l’usage des francophones d’Amérique, rédacteur principal : Claude Poirier, avec le concours de Louis Mercier et Claude Verreault, Montréal, Centre éducatif et culturel inc., 1988, 1856 p.
Petit Robert (Le). Dictionnaire de la langue française, [cédérom], (2009). Paris, Dictionnaires Le Robert.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire